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Communiqués de presse
Publié le 21 juillet 2026 , mis à jour le 21 juillet 2026
Plusieurs organisations, dont Terre de Liens, étaient présentes devant l'Assemblée nationale ce lundi 20 juillet, quelques heures avant le vote du projet de loi d'urgence agricole. Mary-Lou Mauricio - Hans Lucas
Le projet de loi d'urgence agricole a été adopté cette nuit par l'Assemblée nationale, après plus de trois heures de débats. En votant ce texte, 296 députés ont fait le choix d’un modèle agricole qui favorise la réintroduction des néonicotinoïdes, facilite l'industrialisation de l'élevage, et affaiblit la protection des terres et de la ressource en eau. Pour Terre de Liens, ce vote ne répond pas aux véritables urgences auxquelles l'agriculture est confrontée : renouvellement des générations, adaptation au changement climatique et préservation des ressources indispensables pour produire demain.
En dépit des nombreuses mobilisations citoyennes organisées ces derniers mois et des vives critiques exprimées jusque dans les rangs de la majorité, l'Assemblée nationale a adopté ce projet de loi. Au-delà des reculs environnementaux qu’il contient, ce texte passe à côté de l’un des principaux défis agricoles de ces prochaines décennies : permettre le renouvellement des générations en facilitant l'accès à la terre.
Ce texte reste profondément insuffisant sur le partage des terres. Malgré quelques avancées en matière de transparence, il ne donne toujours pas aux pouvoirs publics les moyens de lutter efficacement contre la concentration des terres qui constitue aujourd'hui l'un des principaux freins à l'installation de nouveaux agriculteurs. Pire, il affaiblit encore la protection des sols fertiles en excluant les bâtiments agricoles du calcul de l'artificialisation.
La séquence parlementaire a également révélé les profondes divisions autour de ce texte. Alors que de nombreux députés, y compris au sein du bloc central, demandaient la suppression de la réintroduction des néonicotinoïdes, le Gouvernement a finalement choisi de ne pas mettre cette question aux voix, malgré les annonces et les hésitations qui ont rythmé les débats. Cette décision laisse un sentiment d'occasion manquée, alors même que les inquiétudes sanitaires, environnementales et démocratiques n'ont cessé de s'exprimer au cours des débats.
Le vote du Sénat, prévu cet après-midi, devrait entériner définitivement l'adoption du texte. Mais le débat est loin d'être clos. La suite se jouera désormais sur le terrain juridique et politique, avec une saisine du Conseil constitutionnel sur plusieurs dispositions particulièrement contestées, et la poursuite de la mobilisation citoyenne. Terre de Liens continuera de défendre une autre vision : une agriculture qui protège les terres, facilite l'installation de nouveaux agriculteurs et préserve les ressources indispensables pour produire demain.
Face à des parlementaires qui nient le réel, Terre de Liens garde les pieds sur terre. Nous soutenons un réseau de paysans et de fermes qui démontrent chaque jour que la transition agroécologique est possible. Forts de cela, nous continuerons aussi à mobiliser les citoyens pour défendre la terre et les paysans, plutôt que les profits de l’agro-industrie. Les citoyens sauront aussi demander des comptes sur les choix qui auront été faits aujourd'hui
Chargé de plaidoyer à Terre de Liens
À propos de Terre de Liens
Terre de Liens est un mouvement citoyen visant à préserver les terres agricoles et à permettre l’installation de paysans et paysannes en agriculture écologique. Il associe un réseau associatif présent dans toutes les régions métropolitaines, une foncière, entreprise de l’économie sociale et solidaire, et une fondation, reconnue d’utilité publique. A travers ses collaborations avec de multiples acteurs, Terre de Liens met en œuvre un dialogue territorial et anime le débat public sur la question des terres agricoles.
Depuis 2003, Terre de Liens a acquis plus de 420 fermes et permis de préserver plus de 13 000 ha de terres agricoles dans toute la France métropolitaine.
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