Assemblage inédit d’acteurs et actrices de la société civile, du monde agricole et de la finance solidaire, le mouvement Terre de Liens tire son originalité de l'articulation entre un réseau associatif actif dans toute la France, une entreprise d’investissement solidaire et une fondation reconnue d’utilité publique.
Partout en France métropolitaine, Terre de Liens agit pour préserver les terres agricoles. Découvrez notre réseau de fermes.
Toute l’actualité de Terre de Liens, aux niveaux national et local.
Quel que soit votre profil, Terre de Liens est là pour vous accompagner sur les questions agricoles, d'accès à la terre, d'installation et de transmission.
28.5 ha
Foncière Terre de Liens
Safer du Calvados
Maraichage, Bovin lait
Emilie et Laurent rejoignent Le GAEC Lait Pieds dans l’herbe.
L'acquisition des terres du Buissonnets ont permis cette nouvelle association.
Avec les 28,5 ha acquis en 2024 par la Foncière Terre de Lien et mis en fermage à Laurent et Emilie au lieu-dit Les Buissonnets en 2025, le Gaec Lait Pieds dans l’Herbe exploite désormais près de 220 ha.
Emilie et Laurent ont ainsi pu rejoindre la ferme de Franck, qui s’était installé dans ce bocage de Formigny la Bataille (à deux pas d’Omaha Beach) il y a 28 ans alors âgé de 24 ans.
Emilie est spécialisée en transformation du lait, et s’est formée pour cela à Pont-Hébert au Lycée de Thère. Elle avait auparavant travaillé 10 ans dans la grande distribution et la télévente. Le couple a pu acheter la maison de la ferme (avec 1 ha et divers bâtiments) qu’ils sont en train de rénover. Les 2 enfants de 8 et 11 ans sont déjà scolarisés à Trévières, à 5 km de là.
Laurent a été 10 ans durant associé sur une ferme laitière en conventionnel dans le Calvados. C’est grâce au Contrôle laitier qu’ils ont su que Frank recherchait de nouveaux associés.
Franck cherche de son côté à alléger son travail (très intense avec la transformation et la vente directe) et à préparer sa retraite d’ici une dizaine d’années.
Le rôle de Terre de Liens a été crucial pour que la structure soit confortée afin d’accueillir les nouveaux associés, avec les terres attenantes de la ferme actuelle. Les nouvelles terres comportent des herbages et aussi une partie de labours.
Du chanvre pour nettoyer les labours nouvellement acquis
Les terres labourables ont été semées en chanvre en 2025 : une très bonne culture de « nettoyage », qui ne nécessite bien entendu aucun produit phyto, et qui grâce à sa densité et ses racines profondes travaille la terre en profondeur et étouffe les plantes indésirables. Cette production a pu être mise en place grâce à un contrat avec l’entreprise Agro Chanvre. Les graines sont valorisées pour l’alimentation humaine (huile, farine de protéine) et les fibres en isolants thermiques ou en plasturgie renouvelable.
La récolte a eu lieu en septembre.
Cette culture est vraiment impressionnante par la taille des plantes quand les conditions sont favorables, comme cela a été le cas en 2025 (photo).
1/3 du lait transformé sur place
Mais la ferme est d’abord vouée à la production laitière, avec un volume d’environ 600 000 litres. Un tiers environ est transformé sur place en beurre, crème, yaourts et autres desserts lactés. Cette part est vendue sur les marchés, notamment à Bayeux et à Caen (marché St Sauveur), ou bien via plusieurs AMAP. La demande augmente plutôt ces derniers mois.
Le petit lait issu de cette transformation est valorisé en production de porcs fermiers et pour le nourrissage des veaux.
Toute la production laitière est basée sur l’herbe : 120 ha sont valorisés en « pâturages tournant dynamique », selon la « méthode Pochon ». 70 paddocks sont ainsi pâturés tour à tour, en fonction de la pousse de l’herbe mesurée par herbomètre. Il a fallu investir pour cela en clôtures électriques, points d’abreuvement et aménagement de chemins, car ce sont les vaches qui marchent et non les tracteurs qui roulent. Le parcellaire bien groupé autour de la salle de traite le permet, même si la pâture la plus éloignée est à près de 1,5 km de marche de l’étable.
Le cheptel a été sélectionné pour ce système très pâturant. Après divers essais, partant d’une base Holstein, le croisement a d’abord été effectué avec la Montbéliarde, puis, à partir de 2004, avec la Jersiaise. Cela donne des vaches multicolores et de petit format, de type « Kiwi cross » à la néozélandaise, dont le lait est très riche en matière grasse .
La filière longue oriente le cheptel
Cependant, devant la notification de l’arrêt de collecte de lait bio dans le Bessin par l’entreprise Triballat Noyal (qui s’appelle désormais Olga) à compter du 1 er avril 2026, la ferme s’est tournée vers la société BIOlait.
Le cheptel compte aujourd’hui 170 vaches en production. En hiver, elles sont nourries à base de foin et d’enrubannage en balles rondes, plus des céréales autoproduites. Les prairies fauchées et enrubannées sont les plus éloignées ou les plus humides. Cependant, ces dernières ont été très utiles pour la pâture en 2025 quand les autres terres subissaient les conditions trop sèches.
Globalement, la ferme emploie les 3 associés, plus 3 salariés (dont un 1/3 temps) et un apprenti. Le système est donc très intensif en main d’œuvre et l’arrivée d’Emilie et Laurent a été plus que bienvenue pour partager travail d’astreinte et réflexion stratégique.
© Terre de Liens 2026